About Laure Conan (1845 - 1924) added by affinibook on Dec 2, 2009   

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Biography

By affinibook on Dec 2, 2009

En 1878, La Revue de Montréal publiait une nouvelle due à la plume d’une femme nommée Laure Conan. Le fait était nouveau dans le monde des lettres canadiennes alors en formation. Qu’une femme, à cette époque, osât sortir du foyer où la retenaient ses fonctions et les bons usages, et bien plus, qu’elle osât en sortir pour entrer dans le monde ambigu de la littérature était chose tout à fait extraordinaire. Car la nouvelle en question, Un amour vrai, était absolument différente de tout ce qui avait été écrit chez nous en fait de littérature féminine. Jusqu’alors, seules les religieuses avaient eu, semblait-il, le droit d’écrire, et encore, uniquement des ouvrages de piété et de spiritualité.

Qui était cette femme assez audacieuse pour ouvrir chez nous au sexe faible les portes de la littérature ?

Laure Conan est un pseudonyme, d’origine inconnu d’ailleurs : le pseudonyme de Félicité Angers.

Félicité Angers est née à La Malbaie en 1845, d’une vieille famille du comté de Charlevoix. Elle descend d’un gentilhomme d’Angers, anobli par Louis XIV, et établi à Québec vers 1660. Famille de vieille souche, où elle puisera vraisemblablement la sève d’un profond patriotisme, mi-sentimental, mi-lucide, un patriotisme qui est une des grandes constantes de son œuvre. Après une enfance sérieuse et studieuse (elle étudie avec succès au couvent des Ursulines de Québec où l’on conserve encore avec fierté le cahier d’honneur où elle se mérita si souvent le privilège d’écrire des compositions, ma foi, assez réussies !), elle se retire dans sa famille où une vie sans histoire se déroule dans le paysage enchanteur de La Malbaie. Elle a pour livre de chevet, Mes prisons de Sylvio Pellico, où elle retrouve avec émotion les accents pieux et patriotiques du poète italien avec lequel elle se sent en parfaite harmonie.

Personne dans son village ne peut supposer que cette jeune fille, qui déjà semble se retirer de la vie du monde et ne s’intéresse qu’à ses fleurs, aura un jour l’audace d’écrire des romans. Et pourtant, l’impossible se produit.

En 1878, Félicité envoie un manuscrit à Montréal et, probablement à sa grande surprise, il est accepté et publié. Nous disons probablement car, en effet, un mystère plane sur cette vocation littéraire. Pourquoi, sans crier gare, Félicité Angers a-t-elle décidé soudainement de devenir Laure Conan ? Plusieurs critiques se sont intéressés à la question ... Quoi qu’il en soit durant l’année 1878, Laure Conan remplace Félicité Angers, et c’est sous ce nom qu’il faut désormais la suivre. Rien de plus significatif que sa mince biographie.

Dès 1882, publication de son meilleur ouvrage, Angéline de Montbrun.

En 1886, elle écrit une brochure patriotique, Si les canadiennes le voulaient, qui témoigne beaucoup plus par son existence que par son contenu.

En 1891, elle publie À l’œuvre et à l’épreuve.

De 1893 à 1898, elle est directrice de la revue La voix du Précieux-Sang où elle écrit plus de quatre-vingt articles.

En 1900, paraît L’Oublié. Dès lors, son activité se partage entre ses œuvres et une collaboration à plusieurs périodiques et revues. Voici quelques titres : Physionomies de saints (1913) ; Silhouettes canadiennes (1917) ; en 1919, deux courtes nouvelles sous forme de journal intime, La vaine foi et L’obscure souffrance.

En 1920, Laure Conan se laisse tenter par le théâtre. Elle dramatise L’Oublié, pièce écrite sous le titre de Aux jours de Maisonneuve, et jouée la même année par des amateurs au Monument National. Mais Laure Conan n’était pas dramaturge. Aussi son essai fut-il malheureusement un échec. Il faut lire ses lettres à M. l’abbé Lionel Groulx, le suppliant de tenter une autre expérience : incapable de penser que l’insuccès soit dû à sa dramatisation, elle accuse les acteurs et les costumes.

Enfin, vers 1921, Laure Conan, vieillie (elle a 76 ans), interrompt ses activités. Cependant, elle mûrit en elle un dernier projet. Elle a encore quelque chose à dire à un public qui maintenant la vénère et la respecte. Un mot de l’historien Garneau la poursuit depuis longtemps : «Que les canadiens soient fidèles à eux-mêmes.» Aussi, encouragée par ses amis, elle entreprend, malgré son âge et sa maladie, son dernier roman. Ce sera La Sève immortelle, publiée en 1925, un an après sa mort.

Ce dernier roman de Laure Conan n’a pas l’accent de ses premières œuvres ; il se ressent des circonstances où il a été écrit. Mais personne ne peut lire avec indifférence ce dernier message d’une grande canadienne éprise d’idéal pour son pays. Et dans ce dernier livre, on retrouve toutes les caractéristiques de son œuvre : un tableau historique du lendemain de la défaite de Sainte-Foy ; un attachant personnage féminin, Thérèse d’Autrée, un conflit patriotique où le héros, Jean de Tilly, hésite entre l’abandon et la fidélité à la Nouvelle-France, et enfin, une soumission totale à la souffrance, alors que le héros déclare, et cela en accord avec tous les autres personnages de Laure Conan : «Je n’ai pas le droit d’être heureux».

Bibliography

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