About « La petite communiste qui ne souriait jamais » (2014 - French) added by zout on Jul 26, 2014    

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By zout on Jul 26, 2014

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?

Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

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By zout  on Jul 26, 2014

La Petite Communiste qui ne souriait jamais dit tout à la fois la violence du regard posé sur le corps des femmes, et comment celui de Nadia Comaneci, maltraité par les heures d’entraînement, a « ravagé le joli chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles », et les a, en un sens, libérées – il a « décrassé le futur ». Le roman montre la propagande communiste à l’œuvre, la vie dans un régime délirant, mais il refuse d’en faire « un mauvais film simpliste » (née en 1975, l’auteure, française, a grandi entre la Roumanie et la Bulgarie). En miroir, il souligne le rôle que le monde capitaliste assigne à ses sportifs et la tristesse des aspirations qu’il autorise.

Ce texte en constant équilibre, on jurerait que Lola Lafon l’a écrit les mains enduites de magnésie. Pour ne pas tomber, tout en s’autorisant des figures périlleuses – ainsi des échanges entre la narratrice et Nadia, qui lui permettent de s’interroger sur le droit de parler à la place de son héroïne, et sur les versions de l’histoire. Sans jamais donner l’impression de l’effort ni trébucher, Lola Lafon sait tout à la fois quel élan prendre pour écrire chaque scène, et à quel moment arrêter son geste. Verdict ? La Petite Communiste… est un texte sur la grâce qui en est tout empli.

Raphaëlle Leyris

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