« L'héritage mystérieux », XLIX - Les silhouettes   

XLIX - Les silhouettes

Faisons un pas en arrière.

Tandis que Rocambole se jetait à la nage et échappait ainsi à la poursuite d’Armand de Kergaz et de Léon Rolland, ceux-ci, on s’en souvient, rebroussaient chemin et couraient au cabaret où ils avaient laissé la veuve Fipart évanouie, mais qui avait disparu. Ils fouillèrent la maison, le jardin, les environs.

– Personne ! dit Armand.

– Mais ce cadavre, demanda Léon, qu’en ferons-nous ?

– Rien, répondit Armand.

– Mais il faut faire une déclaration…

– C’est inutile.

Léon ouvrit de grands yeux.

– Mon cher ami, dit le comte, à coup sûr, ce ne sont pas ces gens-là qui iront chez le commissaire de police pour le prévenir qu’un meurtre a été commis. Par conséquent, mon avis est qu’il faut laisser les choses telles qu’elles sont et nous en aller.

Léon comprit que M. de Kergaz avait raison.

– Seulement, reprit le comte, comme il est évident que ces gens-là savent où sont Jeanne et Cerise, il faudra établir une sorte de souricière aux environs, et, quand nous les tiendrons, il faudra bien qu’ils disent la vérité.

– Pauvre Guignon ! murmurait l’honnête ouvrier en pleurant, c’est moi qui ai causé sa mort…

– Sois tranquille, nous le vengerons !

L’œil d’Armand étincela de colère.

Le comte et son compagnon remontèrent en tilbury et regagnèrent Paris, où ils arrivèrent à une heure avancée de la nuit.

Le vieux Bastien attendait son maître avec anxiété.

– Monsieur le comte, lui dit-il en le voyant entrer, nous savons maintenant où est sir Williams.

Et Bastien tendit à Armand un rapport de cette police secrète qui fonctionnait pour lui nuit et jour.

Ce rapport contenait ces quatre mots :

« L’individu connu à Paris sous le nom de sir Williams, et qui se donne comme Irlandais d’origine, n’a point gagné le Havre et ne s’est point embarqué : il a pris, au contraire, la route de Bretagne et se rend chez le chevalier de Lacy. »

Armand parut réfléchir.

– Andréa, dit-il enfin, car c’est bien lui, est allé en Bretagne, au Manoir, chez M. de Lacy. Or, madame de Beaupréau et sa fille habitent précisément les Genêts ; le Manoir et les Genêts sont à huit kilomètres de distance… Il est donc évident qu’il faut se hâter, et que bien certainement la jeune fille, séduite, entraînée, peut accorder sa main… Il n’y a donc pas de temps à perdre si nous voulons sauver Hermine.

– Assurément non, dit Bastien.

– Il faut, dit M. de Kergaz, que tu partes sur-le-champ, mon vieux Bastien, et que tu ailles en Bretagne. De Kerloven, tu pourras savoir à la fois ce qui se passe au Manoir et ce que l’on fait aux Genêts. Tu m’écriras chaque jour, et, s’il le faut, j’irai te rejoindre.

– Très bien, dit Bastien, je suis prêt.

Et Bastien, muni d’instructions minutieuses, partit le soir même en berline et fit une telle diligence, qu’il arriva à Kerloven vingt-quatre heures après que sir Williams eut franchi le seuil du chevalier de Lacy.

Au moment où il descendait de sa chaise de poste, vers sept heures du soir, un piqueur à cheval passait devant la grille de Kerloven poussant devant lui une douzaine de chiens.

C’était le piqueur de madame de Sainte-Luce, la châtelaine de Kerloven.

On se le rappelle, M. de Lacy avait envoyé à Kerloven, la veille au soir, réclamer le secours du piqueur et de sa meute pour attaquer le sanglier que sir Williams devait tuer d’un coup de couteau de chasse.

Le piqueur avait assisté à la chasse et ramenait ses chiens couplés à Kerloven.

– Bonjour, monsieur Bastien, dit-il en saluant l’intendant en entrant à Kerloven pour y boire un coup.

– Bonjour, Yaume, répondit Bastien. Tu reviens de la chasse ?

– Oui, monsieur Bastien, sauf votre respect, et la journée a été rude.

– As-tu chassé seul ?

– Non, monsieur Bastien, je suis allé donner un coup de main à M. le chevalier de Lacy.

– Ah ! dit Bastien devenant subitement attentif.

– Il faut vous dire, poursuivit le piqueur Yaume, que nous avons couru un solitaire comme on n’en verra plus.

– L’avez-vous forcé ?

– Non, c’est l’Anglais qui l’a tué.

– Quel Anglais ? interrogea Bastien, espérant apprendre quelque chose de sir Williams.

– Oh ! un crâne, allez, monsieur Bastien, un intrépide. Je ne sais pas d’où il vient et s’il a chassé l’ours, mais il vous tue des sangliers à coups de couteau, et si proprement que les femmes s’évanouissent.

– De quelles femmes parles-tu ?

– De la demoiselle de Paris qui est aux Genêts ; une nièce de la baronne.

– Elle a donc assisté à la chasse ?

– Oui, monsieur Bastien.

– Et elle s’est évanouie ?

– Tout net… Ah ! c’est que c’est un beau garçon, l’Anglais, et j’ai dans l’idée…

Le piqueur s’arrêta et parut hésiter dans ses confidences.

– Eh bien ? demanda Bastien.

– J’ai dans l’idée, voyez-vous, que ça pourra bien être un mariage… et sous peu.

Bastien tressaillit, puis il demanda quelques détails encore sur la journée de chasse, sur l’installation de sir Williams au Manoir.

Le piqueur partit, Bastien écrivit à Armand :

« Monsieur le comte,

« Je viens d’arriver, et déjà j’ai des nouvelles d’Andréa ou de sir Williams, si vous l’aimez mieux…

« Il est installé chez M. de Lacy. Il y a eu une chasse à courre dans les bois qui avoisinent les Genêts ; mademoiselle de Beaupréau y assistait.

« Andréa a tué le sanglier à coups de couteau.

« Hermine s’est évanouie.

« À cette heure, le baronnet sir Williams et M. de Lacy sont à table aux Genêts, chez madame de Kermadec.

« On parle déjà d’un prochain mariage. Heureusement, j’ai vos instructions et je suis là. »

« À vous !

« Bastien. »

 

Au moment où l’ancien hussard fermait cette lettre, un homme entra dans la salle où il venait d’écrire : c’était Jérôme l’idiot.

– Je l’ai vu, dit-il, je l’ai bien vu… je l’ai reconnu… c’est lui… oh ! c’est lui…

– Qui lui ? demanda Bastien étonné.

– Le fils de l’assassin, répondit l’idiot.

– Voici déjà un auxiliaire ! pensa Bastien, puisqu’il reconnaît Andréa. Dieu est pour nous !

Retournons au manoir des Genêts, où nous avons laissé sir Williams, à table, à la droite de la baronne de Kermadec, qui lui promettait son chaleureux appui.

Le baronnet triomphait ; il avait pour lui le père, la mère, la grand’tante, le vieux chevalier de Lacy ; il était apparu à Hermine dans deux de ces circonstances dramatiques où les hommes se montrent aux femmes sur un piédestal et enveloppés d’un merveilleux prestige.

Il n’avait donc plus à livrer qu’un assaut réellement sérieux : le cœur de la jeune fille à battre en brèche.

Mais sir Williams était un homme habile ; dans sa longue vie de séductions, il avait remarqué que la femme aime chez l’homme une froide réserve faisant place parfois à des élans de passion.

Le baronnet s’était montré d’abord à mademoiselle de Beaupréau sous un jour éminemment romanesque et dramatique ; il était apparu comme le héros des sombres aventures, l’homme qui joue sa vie pour un sourire. Il voulut qu’elle pût voir en lui le gentleman, l’Anglais froid, réservé, mélancolique, obéissant aux convenances les plus rigoureuses. Pendant le souper, il leva à peine les yeux sur elle, mais il causa avec esprit, laissa percer sa haute intelligence et voulut être à ses yeux au moral ce qu’il était au physique.

Après le dîner, M. de Lacy demanda la permission de se retirer ; le vieux gentilhomme redoutait un accès de goutte, mais il laissa sir Williams libre de rester.

Sir Williams demeura deux ou trois heures encore, causant tantôt avec madame de Kermadec et tantôt avec madame de Beaupréau, dont il acheva de faire la conquête, et il se retira après avoir échangé à peine quelques mots avec Hermine.

Quand il fut parti, accompagné par M. de Beaupréau qui le reconduisit l’espace d’un kilomètre, madame de Kermadec s’écria :

– Voilà un jeune homme charmant et qui sent sa race !

Hermine rougit un peu et baissa les yeux.

– Le baronnet, en effet, dit Thérèse en tremblant et regardant sa fille avec émotion, est un homme du monde accompli. Il est beau, il a de l’esprit, un rare courage personnel.

– Et il est riche à désespérer, paraît-il, ajouta la douairière.

Puis elle regarda sa petite-nièce du coin de l’œil.

Mais Hermine était retombée dans sa rêverie ; elle écoutait l’éloge de sir Williams avec indifférence, et songeait à Fernand, dont elle ignorait du reste encore le misérable sort.

Pendant ce temps, M. de Beaupréau accompagnait sir Williams, et tous deux, par un clair de lune superbe, s’en allaient à pied, le second tirant son cheval par la bride, sous la traîne des grands arbres qui servaient d’avenue au Manoir.

– Monsieur mon gendre, dit M. de Beaupréau en prenant sir Williams par le bras, vous allez un train d’enfer en matière de sentiment. Vraiment, je vous trouve superbe !

– Heu ! heu ! fit modestement le baronnet, c’est affaire d’habitude. La séduction est un art.

– Soyez tranquille, Hermine vous aimera.

– C’est assez probable, répondit sir Williams avec une fatuité calme.

– Ou, du moins, elle consentira à vous épouser.

– Cela me suffit, je ne tiens pas à l’amour.

– Et, dit le Beaupréau, qui à ce mot d’amour tressaillit et songea à Cerise, nous irons vite en besogne.

– Je l’espère.

– Nous pourrons faire publier les bans et en finir en quinze jours.

– C’est mon avis.

– Me promettez-vous toujours Cerise ?

– Toujours, beau-père.

– Oh ! alors, s’écria de Beaupréau, dont l’œil étincela de passion, vous épouserez Hermine, je vous le jure.

– Et moi j’y compte. Adieu, beau-père.

– Au revoir, voulez-vous dire ?

– Sans doute, je reviendrai demain. Je trouverai bien un prétexte convenable.

– Et moi je ferai d’ici là votre éloge.

Sir Williams tira de sa poche un briquet phosphorique et alluma un cigare.

Puis, il mit le pied à l’étrier, serra une dernière fois la main à son complice et partit au galop tandis que le Beaupréau revenait tout pensif aux Genêts, songeant toujours à Cerise.

La passion du vieillard s’accroissait chaque jour.

Deux routes conduisaient des Genêts au Manoir : l’une passait par les bois, et était la plus longue et la plus carrossable ; l’autre, beaucoup plus courte, suivait les falaises et le bord de la mer.

Ce fut celle-là que prit sir Williams qui connaissait parfaitement le pays. Et ce n’était point que le baronnet fût pressé ou que, nature essentiellement poétique, il éprouvât le moindre charme à écouter la grande voix de la mer et à contempler l’aspect des vagues moutonnantes au clair de la lune. Non ! sir Williams avait un autre but.

La route, ou plutôt le sentier des falaises passait à Kerloven, cette terre patrimoniale des Kergaz où était né le vicomte Andréa, et qui, volée par le comte Felipone, était enfin retournée à Armand.

Le baronnet avait une crainte depuis quelques heures : c’est qu’Armand ne fût sur ses traces, et qu’il ne fût venu à Kerloven pour le surveiller.

La présence du comte en Bretagne pouvait faire avorter le plan si habilement conduit de sir Williams. Il voulut donc passer par Kerloven, et, en passant, tâcher de savoir si M. de Kergaz s’y trouvait ou y était attendu. Il était alors environ huit heures du soir, la lune brillait au ciel et resplendissait au loin sur la mer.

Le baronnet chevauchait au petit trot, rêvant des douze millions, et se disant :

– Je veux bien rencontrer Armand, je veux même qu’à la rigueur il me reconnaisse, mais, auparavant, je veux être l’époux de mademoiselle Hermine.

Comme il achevait ce raisonnement, il arrivait en haut des falaises et pouvait voir Kerloven dressant ses vieilles tours féodales au-dessus de l’Océan.

Mais en contemplant le vieil édifice et se laissant aller à d’amères rêveries, car longtemps il avait regardé Kerloven comme son héritage, il tressaillit tout à coup et arrêta brusquement son cheval.

Il venait de voir briller une lumière au premier étage de l’édifice, derrière les croisées de ce qu’on appelait la grande salle.

Or, pour que cette pièce fût éclairée, il fallait que le maître fût au château, les gens qu’on laissait à Kerloven ne montant du rez-de-chaussée aux étages supérieurs que pour y secouer la poussière des meubles et des draperies, et cela en plein jour, et non point à une heure avancée de la soirée.

– Oh ! oh ! pensa sir Williams dont le cœur se prit à battre, Armand serait-il à Kerloven ?

Il poussa son cheval et continua sa route, prenant l’utile précaution de se couvrir le visage d’un pan de son manteau, précaution du reste qu’expliquait et rendait toute naturelle le froid piquant de la nuit.

Le sentier passait devant la grande porte. Sir Williams jeta à travers la grille entr’ouverte un regard dans la cour, et y aperçut une chaise de poste ; alors il eut le frisson, et il rendit la main à son cheval, comme s’il eût craint de rester plus longtemps dans le voisinage du château et de faire quelque mauvaise rencontre.

Comme il avait déjà mis un kilomètre entre Kerloven et lui, et descendait au grand trot vers le Manoir, il entendit une voix pleine et sonore qui chantait ce refrain breton si connu :

Vous n’irez plus au bal, madame la mariée,

Vous garderez la maison, tandis que nous irons…

 

Et il put voir un paysan qui marchait d’un pas alerte et venait à sa rencontre, ou plutôt suivait son chemin en sens inverse.

Le baronnet ramena bien soigneusement son manteau sur son visage et continua sa route, marchant ainsi à la rencontre du paysan.

Celui-ci était un gars de vingt ans, valet de ferme à Kerloven, et qui, sa bêche sur l’épaule, revenait des champs.

– Hé ! l’ami ? dit sir Williams l’interpellant.

– Monsieur… répondit le paysan, j’ai bien l’honneur de vous saluer et suis à votre service.

La Bretagne est un pays où le cultivateur daigne encore saluer l’étranger.

– Suis-je sur la route du Manoir ? demanda le baronnet.

– Oui, monsieur, toujours tout droit.

– Merci, l’ami.

Et sir Williams fit deux pas encore, puis il se retourna sur sa selle :

– À qui appartient ce château qui est sur la hauteur ? demanda-t-il.

– À M. le comte de Kergaz, répondit le paysan ; mais il n’y est pas.

– Ah ! dit négligemment le baronnet ; et où est-il ?

– Il est à Paris, et il ne viendra pas avant l’automne.

Sir Williams respira.

– En passant, dit-il, j’ai vu une voiture dans la cour ?

– C’est M. Bastien qui est arrivé ce soir.

– Qu’est-ce que M. Bastien ? interrogea hypocritement le baronnet.

– C’est l’intendant de monsieur le comte. Bonsoir, monsieur, et que Dieu vous garde !

– Bonsoir, mon ami, et merci du souhait.

Le paysan continua son chemin vers Kerloven et sir Williams le sien vers le manoir. M. de Lacy s’était mis au lit de bonne heure, et sir Williams ne le revit que le lendemain.

Le lendemain, le digne gentilhomme avait la goutte pour tout de bon, et il renonça à chasser ce jour-là.

Sir Williams profita de ce chômage forcé pour aller aux Genêts.

La baronne de Kermadec était folle du jeu de trictrac, qui était fort de mode au temps de sa jeunesse. Sir Williams avait fait sa partie la veille et feint une passion non moins vive que celle de la douairière pour ce jeu de nos pères.

Le désir de faire le trictrac de la baronne était donc un prétexte suffisant pour lui, et il se présenta aux Genêts sans la moindre hésitation.

Hermine rougit à sa vue, et madame de Beaupréau l’accueillit avec un sourire indulgent et plein de promesses. Comme la veille, on l’invita à dîner et il passa la soirée au Manoir, d’où il ne partit, cette fois, que vers neuf heures.

Comme la veille aussi, il prit le sentier des falaises.

– Je redoute beaucoup moins cette brute de Bastien, pensait-il, qu’Armand lui-même, mais il est bon de le surveiller un peu.

Sir Williams ignorait l’évasion de Baccarat et les révélations qu’elle avait faites à Armand, révélations qui ne pouvaient plus laisser aucun doute ni au comte ni à Bastien sur son identité. Donc, tout en redoutant le voisinage de Bastien, il espérait encore que ce dernier, en admettant qu’il vînt à le rencontrer, persisterait dans sa méprise. Or, comme il approchait de Kerloven, une idée vint au baronnet :

– J’ai bonne envie, se dit-il, d’aller frapper à la porte du château et d’y faire une visite à Bastien. Peut-être est-il venu ici sous l’impulsion de ses premiers soupçons ; peut-être aussi n’y est-il appelé que par ses fonctions d’intendant.

Le baronnet s’enhardissait dans cette pensée, et il était parvenu à un certain endroit où le chemin courait sur le bord extrême de la falaise.

Ce lieu était étrange d’aspect. Le sentier descendait au fond d’une sorte de vallon pour remonter un peu plus loin et courir alors sur une surface plane. De ce point, on n’apercevait plus ni la terre ni les tours de Kerloven ; on ne voyait que la mer qui rugissait en bas à une grande profondeur, et s’engouffrait avec un bruit formidable et qui dominait tous les autres, à un kilomètre à la ronde, dans les anfractuosités de la falaise.

En ce lieu, la détonation d’une arme à feu ou le cri le plus perçant aurait été étouffé par le fracas des flots mugissants.

Aux rayons de la lune qui brillait de tout son éclat, et au moment où il atteignait le fond de cette sorte d’entonnoir, sir Williams vit une silhouette d’homme se détacher sur la crête opposée de la falaise.

Puis il la vit s’agiter et descendre lentement dans le fond du petit ravin et venir à sa rencontre.

Puis encore une autre silhouette apparut et suivit le même chemin que la première, et tout à coup le baronnet se trouva en présence de deux hommes.

– Bonjour, sir Williams ! dit une voix qui le fit tressaillir.

– C’est lui ! je le reconnais bien… murmura le second personnage.

Le baronnet reconnut la voix de Bastien et celle du vieux Jérôme, l’idiot. Et, instinctivement, il porta la main aux fontes de sa selle pour y prendre ses pistolets.